31 janv 2012

Live reports

Orelsan à l'EMB de Sannois

Vendredi 13 janvier 2012

Orelsan à l'EMB de SannoisPhoto : Pierre Bertho

Belle soirée rap à l’EMB de Sannois avec Lunik et Orelsan. En 1ère partie, le cergyssois Lunik réussit à emmener le public sannoisien, qui visiblement connaissait le bonhomme grâce à ses fameux clashs dans Rap Contenders.  Malgré un rap classique et des instrus pas toujours très originales, Lunik assure le show. Sa voix puissante, ses textes superbement écrits et son charisme font mouche. Le public est conquis. C’était « genre historique ! ».

Le temps de se désaltérer et nous repartons nous installer dans la salle archi-complète de l’EMB. Au milieu de la forêt de téléphones portables hissés en l’air, j’apperçois la silhouette du rappeur bas-normand qui arrive sur scène, statique, masqué et encapuchonné, pour commencer son show à la manière de son dernier album « Le chant des Sirènes » avec le morceau-règlement-de-compte  « Raelsan ». Les basses sont énormes, batteur et bassiste sont venus compléter le line-up. Le son est surpuissant. « Je suis de retour avec ma sous-culture. Sauf que c’est nous le futur ! C’EST NOUS LE FUTUR ! » chante à l’unisson le public sannoisien qui, en majorité, ne doit pas dépasser la vingtaine d’années.

Sans aucun temps mort, Orelsan enchaîne avec « Mauvaise idée » issu de ce même album (et glisse, en forme de clin d’oeil « chanter « Sale Pute » : mauvaise idée ! »). Puis habillé façon années 90, il nous livre une interprétation fun de ses morceaux « 1990 » et « Jimmy Punchline ». Les titres s’enchaînent, issus de ses 2 albums : « Changement »,  « Plus rien ne m'étonne », « Pour le pire » (dans lequel il démontre qu’il joue aussi du piano),  « Double Vie »...

Le temps fort du spectacle est sans conteste le triptyque « Soirée ratée » « N'importe comment », «  Des trous dans la tête », véritables hymnes à la fête (et à la défaite). En bossant les transitions entre chacun de ses morceaux, Orelsan nous raconte une histoire, celle d’une génération de loosers de classe moyenne, nourris à la playstation, à la despé et aux plans foireux...

Viennent ensuite 2 morceaux en featuring avec son compère Gringe : le classique et très élégant « Saint-Valentin », et « Ils sont cool ». Le set se termine avec les morceaux les plus « gentillets » d’Orelsan : « La petite marchande de prose » et « La terre est ronde ».
Ce passage mignon sera de courte durée puisqu’en rappel, Orelsan interprête son superbe « Chant des sirènes » et termine, comme il avait commencé, statique en milieu de scène, son tube pleins de rage et de bile « Suicide Social ». Une belle claque dans le gueule pour terminer.

Malgré un personnage de looser assumé, manquant parfois de charisme et de puissance vocale, le rappeur livre un superbe spectacle, drôle, énergique et énervé, magnifié par un son massif. Les polémiques sont loin, Orelsan est désormais installé dans le rap game français.

C’est eux le futur ?

Mathieu


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