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7 janv 2010
Lun1k : ''On fait du cinéma pour les oreilles''
A l’occasion de la sortie du 1er maxi d’Urban Grio’, nous avons rencontré le slammeur / conteur / rappeur Lun1k qui revient sur la genèse de ce projet…

Comment est né le projet Urban Grio' ?
Je rappe depuis quelques années déjà et je fréquentais régulièrement les scènes slam de Cergy. J’y ai été repéré par la mairie qui a proposé d’accompagner mon projet. J’avais envie de m’aventurer dans un univers différent et je me suis entouré de musiciens : Jiu à la basse, (Little Ced, Felix Kazablanca…) et JP aux percus (Orange Street).
L’atmosphère de ce maxi est très cinématographique, aussi bien dans l’écriture, dans les ambiances que dans la pochette. Envie d’être cinéaste ?
Je suis un grand fan de cinéma et j’envisage mes morceaux comme des films. Je veux que ça soit très visuel. Au départ, j’étais très porté sur le texte, puis au fur et à mesure j’ai voulu m’en écarter, jouer davantage avec les états, les émotions, théatraliser mon texte comme le ferait un comédien. Quand je compose, je me mets à la place de la caméra puis je mets des mots sur ces images. Avec Urban Grio’, on fait du « cinéma pour les oreilles ».
Contrairement à d’autres slammeurs, tu utilises peu le « je ». Tu préfères raconter l’histoire d’un personnage ?
Je trouve ça plus pertinent et plus créatif d’exprimer des choses personnelles à travers ce prisme. Je préfère que chacun se fasse son cheminement mental plutôt que de dire « je pense ci, je pense ça ». Dans « Bienvenue chez les ricains », je me mets à la place de Hicham qui subit un interrogatoire en arrivant aux Etats-Unis. Je trouve ça plus fort que dire « Guantanamo, c’est pas bien ».
Pourquoi le choix de ce thème ?
Là encore, je fonctionne comme pour un film : j’avais surtout envie d’exprimer la rage. J’ai cherché ce qui pourrait me faire ressentir cet état. Surtout, je ne voulais pas que ce soit gratuit. D’où l’histoire d’une personne avec un nom à consonnance arabe arrivant sur le sol américain. Idem, pour le morceau « Braquage à l’irakienne » : j’avais avant tout envie de « filmer » une scène de guerre.
Comment se passe la création de tes morceaux ?
Au départ, il y a toujours le texte et les émotions que je veux exprimer. Jiu et JP ont vraiment capté comment faire ressortir ces ambiances. Chacun y amène son vécu, son resenti.
Tu es accompagné par la ville de Cergy. En quoi ça consiste ?
J’ai accès à des locaux de répétition et à des résidences pour travailler notre set. J’ai aussi été aidé pour la sortie du maxi.
Ce 1er maxi est-il le prélude à un album ?
C’est une 1ère carte de visite. Pour le moment, on travaille surtout la scène. C’est là qu’on prend plaisir… Je veux offrir un vrai spectacle, sortir du côté monotone du slam, un peu trop bloqué sur le texte. (…)Ensuite, on se penchera vraisemblablement sur un 1er album.
A côté de ce projet, tu fréquentes toujours les scènes slam ?
Oui, je continue de rapper et de slammer… Souvent, je teste mes morceaux lors des cabarets slams. J’observe comment le public réagit…
Un dernier mot ?
Ecoutez Urban Grio’. Venez-nous voir sur scène… Et soyez ouverts sur toutes les musiques… L’ouverture prime toujours…
Urban Grio’ (Maxi 5 titres - autoproduction)
Entretien : Mathieu
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