1 janv 2009

Interviews

Ludo Pin : ''J'assume totalement mon côté banlieusard''

Interview de Ludo Pin

Un matin brumeux de décembre, nous avons rendez-vous avec le chanteur et musicien Ludo Pin, dans un café près de la Gare du Nord.

Ludo Pin : ''J'assume totalement mon côté banlieusard''Ludo Pin

Qu’est-ce qui t’a amené à faire de la musique ?

J’ai commencé la guitare à 13 ans, avec mon frère et mes voisins, guitaristes et gros fans de rock. J’ai joué dans plusieurs formations rock dont une qui a pas mal tourné, M-Atom. On répétait au REC Studio à Sarcelles, avec plein d’artistes de tous styles. On s’est beaucoup mélangé, on jouait avec des groupes de reggae, de hip-hop, de musique africaine… Ca m’a ouvert sur beaucoup de musiques différentes.

En parallèle tu pensais déjà à un projet solo ?

Oui, je bricolais des bribes de morceaux sur mon 4 pistes. Quand le groupe s’est fini, j’ai voulu me lancer en solo, je ne me reconnaissais plus dans le fonctionnement collectif. J’avais envie de minimalisme, de destructuration, de nouvelles harmonies. La MAO m’a donné cette liberté de création. Je me suis détaché du « guitare-voix » pour trouver mon style fait de collages électroniques. J’ai aussi voulu casser mon chant « conventionnel » pour obtenir quelque chose de plus  fragile, entre rap et chanson.

C’est lié à tes influences musicales ?

En partie, j’ai écouté de la chanson avec mes parents, puis du rock avec mes voisins avant de m’ouvrir à la black-music et notamment au rap. J’ai remonté les pistes pour découvrir la soul : Stevie Wonder, Sly Stone… ainsi que la musique d’Afrique de l’Ouest. La musique improvisée m’a aussi beaucoup marqué. Je revendique cette approche destructurée, même si j’assume mon côté pop. Ca reste des chansons, j’aime que ce soit efficace.

Dans tes textes aussi ?

Mes chansons sont des constats alarmistes mais j’y ajoute de la dérision, de la légèreté. J’essaie de faire des chansons universelles, qui parlent à tout le monde : quand j’écris, je remplace « je » par « on ». Je n’aime pas le côté nombriliste de la chanson française. Que je parle de choses intimes ou politiques, je veux garder le côté ludique de l’écriture : les jeux de mots, de sonorités…

Comment, tu es passé de tes bidouillages dans ta chambre à un premier album, distribué nationalement ?

Au départ, j’avais juste 4 titres sur une maquette, que j’ai envoyé à plusieurs professionnels. Grâce au chanteur Ignatus, je suis rentré en playlist sur Néo puis Nova avec mon titre « 3 secondes ». Puis tout s’est accéléré : grosses premières parties, Printemps de Bourges, CQFD, « paraînage » par Louise Attaque, rencontre avec un tourneur et le label Audiogram. J’ai réellement commencé l’album en novembre 2007. Il est sorti en novembre 2008 et les retours sont super bons.   

Pourquoi un album éponyme ? Tu n’avais pas d’idée de titres ?

En partie, oui ! Je voulais une sorte de « carte de visite » avec ce 1er album, dire aux gens : « Voilà, ça c’est Ludo Pin ».

Cette sortie d’album s’accompagne d’une grosse tournée ? Ca se passe bien ?

Je me suis entouré de 2 musiciens sur scène, un guitariste-clavier et un batteur-sampleur. Ca donne une couleur plus rock à mes morceaux. C’est vraiment sur scène que tu te rends compte que ça commence à marcher. Les salles se remplissent de plus en plus, les gens connaissent les morceaux…

Dans ta bio, tes interviews, tu cites beaucoup ta ville d’origine, Sarcelles…    

J’assume totalement mon côté banlieusard. Je ne veux pas donner l’impression d’un chanteur parisien branché. Vivre à Sarcelles, entouré de 90 ethnies différentes, m’a apporté beaucoup. Trop de gens voient la banlieue comme un coupe-gorge, alors qu’il s’agit d’endroits très riches culturellement et humainement.

Mathieu

www.myspace.com/ludopin

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